Avenue du Port

300 platanes sauvés de justesse, 1.500.000 pavés menacés de disparition

QUE SE PASSE-T-IL APRES L’INAUGURATION ?

Posted on | septembre 18, 2012 |

Après l’inauguration, une fois la ministre et les photographes partis, il ne se passe… rien.
Les années passent, les choses se dégradent lentement, faute d’entretien. Jusqu’au moment où on juge qu’il faut tout refaire à neuf.

Bruxelles-Mobilité n’a pas la capacité d’entretenir les voiries régionales, parce qu’elle n’a tout simplement pas le personnel pour le faire. Les effectifs de Bruxelles-Mobilité comptent en tout 30 ouvriers, chargés en hiver du déneigement. C’est pourquoi le long de ses voiries, les choses se dégradent, les pavés se déchaussent, le mobilier urbain se déglingue, les mauvaises herbes croissent. A titre de comparaison Bruxelles-Environnement, chargée de l’entretien des parcs et jardins régionaux compte un effectif de 180 ouvriers et chefs d’équipe.

C’est ce fait qui explique que Bruxelles-Mobilité confie tous ses travaux d’infrastructure à l’extérieur. Et là aussi, elle ne surveille pas suffisamment ses fournisseurs. Cette administration ne compte que 9 contrôleurs pour tous les chantiers qu’elle entreprend.

A cela s’ajoute le phénomène bureaucratique suivant :
Imaginons une administration qui aurait annuellement 30 millions € à dépenser en travaux d’infrastructure. Elle aura alors plutôt tendance à constituer 10 dossiers de 3 millions €, que 100 dossiers de 300.000 €. Qu’un dossier comporte des travaux pour 3 millions ou pour 300.000 €, la procédure est identique, à peu de choses près. Dès lors l’administration préfère « naturellement » traiter peu de gros dossiers, que beaucoup de petits dossiers. La conséquence est qu’on a à Bruxelles des gros chantiers, et pas du tout d’entretien. Classiquement, les dossiers d’entretien représentent des budgets modestes, mais demandent plus de surveillance.

Ce cela qui explique que l’avenue du Port n’ait pas été entretenue pendant 40 ans.
C’est pour cela que Bruxelles-Mobilité veut y imposer un trottoir cyclable en asphalte, avec fondation de 30 cm (coût : 800.000 €), plutôt que de réparer ponctuellement ce qui est encore récupérable, et de refaire les autres sections en dolomie ou en sable ternaire (coût : moins de 200.000 €). C’est pour cela que Madame GOUWELS déclare haut et fort qu’un trottoir en dolomie est coûteux en entretien. Alors qu’il y suffit d’y faire passer deux cantonniers chaque année avec une brouette pour reboucher les quelques trous qui se seraient créés. Comme Bruxelles-Mobilité ne dispose pas de ces deux cantonniers, Madame la ministre déclare qu’un tel trottoir est difficile à entretenir. C’est de la tartufferie : Madame la ministre préfère gaspiller le budget régional à des travaux de remise à neuf, parce que son service est structurellement incapable d’entretenir les voiries régionales.

Nous exigeons que Bruxelles-Mobilité modifie son organigramme et se dote d’un corps de paveurs, de cantonniers, d’élagueurs, d’ouvriers d’entretien. Est-ce trop demander dans une ville qui souffre à ce point du manque d’emploi ouvrier ?

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